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December 2018 - Francis Raynaud (english below)

Il est difficile de parler du travail de Ludovic Beillard sans être submergé d’allégories. Les différents travaux ont plusieurs sens de lectures, il en résulte une tension très suggestive, une sorte de dérangement entre ce qui y est figuré et ce que l’on y voit. Et c’est là que se situe le travail cet artiste dans le recoin d’une peau vidée de sa substance pour n’en laisser qu’une croûte ou parfois un squelette. Les sculptures, les tissus et les dessins brumeux donnent l’impression d’être des morceaux de couches fongiques prélevées à l’atelier, de la matière brute faisant office de pièces et de matrices, encore activement rongées par leurs poisons.

De nombreux visages hantent le travail de Ludovic Beillard, tous peuvent nous rappeler la société du roi Peste, leurs couleurs maladives, leurs traits hideux et leurs bouches grimaçantes plissées d’expressions d’affabilités spectrales. Il s’agit de sculptures organiques exprimant la forme d’un théâtre aux masques tragiques. On peut alors parler de grotesque au sens ornemental, mais aussi rhétorique, le terme désignant aussi aujourd’hui le caractère de ce qui semble ridicule, bizarre, risible, mêlé d’un certain effroi.

Dans une autre nouvelle d’Edgar Poe, Bon-Bon est un cuisinier et expert en philosophie quelque peu incompris. Selon son opinion et en grand amateur de vin, les facultés intellectuelles sont en rapport intime avec les capacités de l’estomac. Il pratique une popote Métaphysique et solitaire quand il reçoit un jour la visite du diable. Pour prouver que son âme est aussi bonne que le meilleur des civet, soufflé ou ragoût, il la lui cède pour rien du tout. Je me permets de parler de cette histoire et plus particulièrement de son protagoniste, parce qu’il me rappelle Ludovic Beillard, un artiste pour qui le milieu qu’est l’atelier, la cuisine et les sculptures, les histoires et leurs mises en forme sont inaliénables.

Dernièrement, il a entreprit un voyage à travers le temps, vers l’enfance. Il y construit un espace rêvé ou les histoires peuvent devenir extraordinaires, si l’on prend le temps d’en écouter les chuintements, les susurrements de la résine qui enveloppent et figent pour un temps inconnu les objets quelque peu discordants venu troubler nos humeurs.

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